Cap Nature est un dispositif d'ateliers participatifs qui invite les jeunes à renouer avec la nature qui les entoure, en faisant des capteurs environnementaux des outils d'attention et de découverte du milieu naturel.

Atelier Cap Nature avec des Secondes du Lycée Jules Lesven
Atelier Cap Nature avec des Secondes du Lycée Jules Lesven — © Marie-Léa Pouliquen

Reconnecter les jeunes à la nature

Dans son évaluation mondiale de 2019,1 la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services – IPBES) dressait un constat alarmant : la biodiversité décline à un rythme sans précédent dans l'histoire humaine. Son rapport Nexus, publié fin 2024,2 va plus loin en montrant que biodiversité, climat, eau, alimentation et santé humaine forment cinq crises interconnectées — interdépendantes dans leurs causes, leurs effets et les réponses à y apporter. Pour enrayer cet effondrement, l'IPBES appelle à des « changements transformateurs », qui touchent aussi, comme le souligne l'Office français de la biodiversité (OFB),3 nos représentations et nos relations au vivant.

Or, à l'heure où l'urbanisation s'intensifie et où les loisirs se numérisent, le contact direct avec la nature se raréfie. Ce phénomène nourrit ce que les chercheurs nomment l'amnésie environnementale (ou shifting baseline syndrome) : chaque génération prend pour « normal » l'environnement appauvri de son enfance, si bien que l'ampleur réelle des pertes passe inaperçue d'une génération à l'autre.4

Cette perte de lien n'est pas anodine. La recherche établit aujourd'hui que la connexion à la nature constitue un véritable levier de durabilité : elle prédit à la fois le bien-être des individus et l'adoption de comportements favorables à l'environnement.5 Reconnecter les personnes au vivant est même décrit comme un « point de levier » pour promouvoir un modèle économique et social écologiquement soutenable.6 Promouvoir le lien des jeunes au vivant est ainsi un enjeu à la fois éducatif et écologique.

Cap Nature : une approche par l'expérimentation instrumentée

Cap Nature est développé dans le cadre du travail de thèse de Marie-Léa Pouliquen portant sur le lien des jeunes au vivant et sur l'usage des capteurs environnementaux comme outils d'attention au milieu naturel7.

Pour en savoir plus sur le projet de recherche. Voir aussi : les Ateliers Cap Nature : Cycle d'automne 2025.

Le wiki des Ateliers

Ce wiki rassemble les ressources pour mener les ateliers Cap Nature : protocoles d'observation, prise en main des capteurs, fiches d'activité et pistes pédagogiques. Le wiki documente chaque atelier pas à pas pour qu'un·e animateur·rice, un·e enseignant·e ou un collectif puisse s'en emparer et l'adapter à son contexte éducatif.

Pour toute question, collaboration ou réutilisation, n'hésitez pas à contacter : marie-lea.pouliquen@univ-rennes.fr.

Élèves sur le terrain manipulant des capteurs en lisière de forêt

Références bibliographiques

  1. IPBES (2019), Résumé à l'intention des décideurs du rapport sur l'évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques. Présentation et résumé en français (OFB).
  2. IPBES (2024), Rapport Nexus — Évaluation des interactions entre biodiversité, eau, alimentation, santé et changement climatique. https://www.ipbes.net/nexus-assessment.
  3. Office français de la biodiversité, « Transformer la relation au vivant, un enjeu de société autant que de biodiversité ».
  4. Concept proposé par Kahn & Friedman (1995) et nommé « shifting baseline syndrome » par D. Pauly, « Anecdotes and the shifting baseline syndrome of fisheries », Trends in Ecology & Evolution, 10(10), 1995, p. 430. https://doi.org/10.1016/S0169-5347(00)89171-5. Voir aussi la fiche OFB : « L'amnésie environnementale et la diminution des expériences de nature ».
  5. G. Barragan-Jason et al., « Human–nature connectedness as a pathway to sustainability: a global meta-analysis », Conservation Letters, 15(1), 2022, e12852. https://doi.org/10.1111/conl.12852
  6. C. D. Ives et al., « Human–nature connection: a multidisciplinary review », Current Opinion in Environmental Sustainability, 26-27, 2017, p. 106-113. https://doi.org/10.1016/j.cosust.2017.05.005
  7. Van Tilbeurgh V., Calvez M. et Longuevergne L., « Le monitoring participatif, un dispositif entre production de données et implication des publics», Revue d'Anthropologie des Connaissances, 16-4, 2022, https://doi.org/10.4000/rac.29245

Ils soutiennent le projet

Université de Rennes Université Rennes 2 CNRS Terra Forma Interreg North Sea — Blue Transition Collège Doctoral de Bretagne Espaces et Sociétés Géosciences Rennes Station d'Ecologie Théorique et Expérimentale