Cap Nature est un dispositif d'ateliers participatifs qui invite les jeunes à renouer avec la nature qui les entoure, en faisant des capteurs environnementaux des outils d'attention et de découverte du milieu naturel.
Dans son évaluation mondiale de 2019,1 la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services – IPBES) dressait un constat alarmant : la biodiversité décline à un rythme sans précédent dans l'histoire humaine. Son rapport Nexus, publié fin 2024,2 va plus loin en montrant que biodiversité, climat, eau, alimentation et santé humaine forment cinq crises interconnectées — interdépendantes dans leurs causes, leurs effets et les réponses à y apporter. Pour enrayer cet effondrement, l'IPBES appelle à des « changements transformateurs », qui touchent aussi, comme le souligne l'Office français de la biodiversité (OFB),3 nos représentations et nos relations au vivant.
Or, à l'heure où l'urbanisation s'intensifie et où les loisirs se numérisent, le contact direct avec la nature se raréfie. Ce phénomène nourrit ce que les chercheurs nomment l'amnésie environnementale (ou shifting baseline syndrome) : chaque génération prend pour « normal » l'environnement appauvri de son enfance, si bien que l'ampleur réelle des pertes passe inaperçue d'une génération à l'autre.4
Cette perte de lien n'est pas anodine. La recherche établit aujourd'hui que la connexion à la nature constitue un véritable levier de durabilité : elle prédit à la fois le bien-être des individus et l'adoption de comportements favorables à l'environnement.5 Reconnecter les personnes au vivant est même décrit comme un « point de levier » pour promouvoir un modèle économique et social écologiquement soutenable.6 Promouvoir le lien des jeunes au vivant est ainsi un enjeu à la fois éducatif et écologique.